Ce qui s'est passé

Vendredi, les États-Unis ont fait état de 162 000 créations d'emplois en août, soit près de trois fois les 53 000 attendues par les économistes. Cet indicateur mesure le nombre net de postes rémunérés créés dans l'économie au cours du mois. Malgré cette progression, le taux de chômage est resté stable à 4,1 %.

Dans le même temps, plusieurs responsables de la Réserve fédérale, parmi lesquels son nouveau président Kevin Warsh, ont signalé qu'ils n'entendaient pas se précipiter pour abaisser les taux d'intérêt. Ces déclarations renforcent l'idée d'une Fed prudente face à une économie américaine qui continue de montrer des signes de résistance.

Pourquoi c'est important

Un marché de l'emploi solide donne à la Fed moins de raisons de baisser ses taux, mais une raison de les relever lors de sa réunion des 15 et 16 septembre. Les investisseurs comptaient sur de l'argent bon marché pour soutenir les actions et contenir le coût du crédit. Un indicateur pareil éloigne cette perspective : c'est pourquoi les actions ont reculé et les rendements obligataires sont montés.

Ce que cela signifie pour vos investissements

Les marchés s'attendent désormais à des taux américains plus élevés, plus longtemps. Le rendement du bon du Trésor américain à dix ans, une référence qui se répercute sur les crédits hypothécaires et les prêts aux entreprises, s'est rapproché de 4,8 %, tout près de son plus haut niveau depuis des mois.

Loin de traduire des craintes de récession, ce niveau de taux implique un coût du financement durablement plus élevé pour les États, les entreprises et les ménages. Dans ce contexte, les chiffres de l'inflation américaine attendus cette semaine revêtent une importance particulière, d'autant que le pétrole, proche de 97 USD le baril, alimente de nouveau les pressions inflationnistes.